L’héritage de Simon Kimbangu : Lubumbashi vibre au rythme de la conscience africaine
Le Gouverneur intérimaire Martin Kazembe Shula s’est joint ce lundi 6 avril 2026 aux milliers de fidèles kimbanguistes pour commémorer le combat du prophète Simon Kimbangu. Entre ferveur religieuse et mémoire historique, la capitale du cuivre a célébré une figure de proue de l’émancipation de l’homme noir.

Sous un soleil témoin de l’histoire, les rues de Lubumbashi ont résonné d’un souffle particulier ce lundi. Ce n’était pas une simple marche, mais un pèlerinage urbain. En tête de cortège, le Gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, Martin Kazembe Shula, entouré de plusieurs membres de son cabinet, a tenu à marquer de sa présence cette journée dédiée à la « conscience africaine ». Un geste fort qui traduit l’attachement des institutions provinciales aux racines spirituelles et identitaires de la nation.
Du Cimetière des Sapins à la Chapelle Mère : un parcours de mémoire

Tout a commencé au Cimetière des Sapins. Le choix du lieu est loin d’être anodin : c’est ici que reposa provisoirement Simon Kimbangu après avoir enduré trois décennies de relégation à la prison de Kasombo. En partant de ce site chargé d’émotion, le carnaval a transformé la douleur passée en une célébration de la victoire de l’esprit sur l’oppression.
La procession, portée par le cuivre étincelant des fanfares kimbanguistes, a traversé les principales artères de la ville. Au rythme des chants et des danses cadencées, les fidèles arboraient des messages rappelant les sacrifices du Prophète et de son épouse, Maman Mwilu, compagne d’une lutte qui aura duré toute une vie.

Une quête de dignité au-delà du culte
Pour les milliers de fidèles venus des quatre coins de la province, cette journée dépasse le cadre strictement religieux. « C’est un rappel de notre dignité », confiait un participant dans la foule. La foi, la résistance spirituelle et la liberté sont les piliers d’un héritage que les Kimbanguistes du Haut-Katanga s’efforcent de pérenniser.
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Le combat entamé le 6 avril 1921 par Simon Kimbangu pour l’émancipation de l’homme noir face au joug colonial trouve aujourd’hui un écho institutionnel. Depuis 2021, sous l’impulsion du Chef de l’État Félix Tshisekedi, cette date est gravée dans le calendrier officiel comme une journée chômée et payée, érigeant le « Kimbanguisme » en pilier du patrimoine immatériel congolais.

La réflexion au cœur de l’action
Le point d’orgue de cette mobilisation a été le culte solennel organisé à la Chapelle Mère du Haut-Katanga. Devant une assemblée recueillie, composée d’officiels et de citoyens, le message était clair : la commémoration ne doit pas être un simple rite annuel, mais un moteur de réflexion pour les défis actuels de l’Afrique.

En se tenant aux côtés des fidèles, l’exécutif provincial a réaffirmé sa volonté de soutenir les valeurs de paix et de travail prônées par l’Église. Ce 6 avril 2026 restera, une fois de plus, le symbole d’une identité retrouvée et d’une conscience africaine plus vivante que jamais dans le Haut-Katanga.
